vendredi 26 septembre 2008

Marius Barneaud

Aujourd’hui je vous communique une courte notice que j’ai écrite pour le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur. Je ne sais pas grand chose de ce sculpteur, mais ses œuvres sont de qualité :

Barneaud Marius (Marseille, XIXe), sculpteur
Il expose à Marseille entre 1865 et 1869 aux expositions de la Société Artistique des Bouches-du-Rhône : L’Enlèvement (bas-relief, 1865), Le Roi David (statuette en bronze doré, 1866), L’Homme au fil de plomb (plâtre) et Charlemagne (modèle d’un buste destiné à la façade de l’École des Beaux-Arts – Bibliothèque) en 1867, Vierge à l’Enfant (1869). Il est également l’auteur de deux cariatides, 64 avenue du Prado.

Marius Barneaud, Charlemagne, buste marbre, 1870
Palais des Arts, place Carli, 1er arrondissement

Marius Barneaud, Cariatide, pierre, s.d.
64, avenue du Prado, 8e arrondissement

lundi 15 septembre 2008

Vente du fond d'atelier Aldebert en 1924

Le 4 septembre dernier, j’ai acheté dans une librairie le petit catalogue de vente de l’atelier du sculpteur Émile Aldebert. Ce sculpteur installé à Marseille est mort le 7 mars 1924 à l’âge de 96 ans. Dès le mois d’avril suivant, une vente disperse en deux vacations le fond d’atelier et ses collections. La 1ère vente du mardi 2 avril 1924 concerne les sculptures d’Aldebert (terres cuites, marbres et plâtres) ; la 2nde vente du mercredi 3 avril concerne des peintures de ses contemporains, des peintures d’écoles anciennes et des œuvres picturales (peintures, aquarelles, dessins) d’Aldebert.
Je vous mets le catalogue en ligne :

lundi 8 septembre 2008

Berthe Girardet

Pour la réédition de Marseillaises, 26 siècles d’histoire, j’ai rédigé deux nouvelles notices dont celle de Berthe Girardet. En fait, j’ai repris celle écrite pour le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur et l’ai développée. La voici :

Girardet Berthe, née Imer (Marseille 08.04.1861 – Neuilly-sur-Seine 06.12.1948)

Sculpteur, elle a pour parents Charles Gustave Imer, riche négociant d’origine suisse installé à Marseille, et Hélène Rogers, fille d’un négociant américain implanté à Naples. Elle se forme à la sculpture dans l’atelier d’Émile Aldebert avant de compléter brièvement – trois mois ! – sa formation artistique à Paris auprès d’Antonin Carlès.
Elle expose ses œuvres sous son nom de jeune fille jusqu’à son mariage en 1893 avec le peintre-graveur suisse Paul Girardet (1859-1915). Elle présente ainsi, de 1890 à 1893, des bustes aux expositions de l’Association des artistes marseillais. Parallèlement, à Paris, elle figure au Salon des artistes français auquel elle demeure fidèle jusqu’en 1944 ; elle y obtient une mention honorable en 1901. Elle paraît également au Salon d’automne (1904) et à l’Union des femmes peintres et sculpteurs (1928). Lors de l’Exposition universelle de 1900, elle exhibe trois de ses œuvres dans la section helvète et reçoit une médaille d’or. En février 1925, la galerie parisienne Jean Charpentier lui consacre une importante exposition rétrospective (31 pièces) ; elle partage alors cet espace avec son gendre Luc Lanel (1893-1965), orfèvre chez Christofle et céramiste.
Son œuvre se compose principalement de portraits (Paul Girardet, 1894 – musée de Neufchâtel ; Mes enfants, 1901 ; la décoratrice Arlette Vogue, 1929…) et de types (Pêcheur du Tréport, 1891 ; Le Torero, 1897 ; La Vieille, vers 1900 – musée de Neufchâtel…) ainsi que de scènes de genre (La Veille de Noël, 1898 ; La Convoitise, 1904 ; La Maternelle, 1908 – collection de la Ville de Paris, dépôt d’Ivry…). Si elle réalise quelques sculptures en pied, elle se spécialise surtout dans les groupes à mi-corps : La Bénédiction de l’aïeule, 1902 ; L’Enfant malade, 1904 – collection de la Ville de Paris, dépôt d’Ivry ; Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien, 1913 – The Detroit Institut of Art, USA... Après la première Guerre mondiale dans laquelle disparaît son fils aviateur, la commémoration des victimes du conflit (À l’hôpital pendant la grande Guerre, 1919 ; Aux héros inconnus, 1923 – ossuaire de Douaumont…) et la religion (Vierge douloureuse des pays dévastés, 1921 ; Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, 1927…) occupent une part important de sa production même si, dans la même période, elle réalise pour la Ville de Marseille un bas-relief intitulé Sérénité (1933 – allée Ray Grassi). Enfin, soucieuse de l’édition de ses œuvres, elle collabore entre autres avec les manufactures de Sèvres et de Charenton (biscuit, grès polychrome) ainsi que la maison Christofle (bronze galvanisé).

Berthe Girardet, Aux héros inconnus (dit aussi Le Silence ou La Résignation), terme en pierre, 1923
Ossuaire de Douaumont, Meuse

jeudi 4 septembre 2008

Fabienne Bérengier

Une nouvelle notice de Marseillaises, 26 siècles d’histoire, version 1999 :

L'atelier de Fabienne Bérengier, vers 1938

Bérengier Fabienne (Marseille 25.5.1900-Marseille 25.5.1975)

Dernière représentante d’une famille d’artistes (architectes dont son grand-père Pierre-Marius [église Saint-Michel-Archange] et son père Paul, peintres, graveurs et sculpteurs) qui travaillent à Marseille durant tout le XIXe siècle, Fabienne Bérengier entre à l’école des beaux-arts de la Ville en octobre 1917 pour apprendre la sculpture. Elle suit alors les cours de dessin professés par Marie Magaud ainsi que ceux de modelage sous la férule de Henri Raybaud. Douée, elle obtient dès 1918 le prix Cantini, premier d’une longue liste. Elle reçoit ainsi la bourse Aletti-Dumoulin décerné par la Société des Beaux-Arts de France et d’Outremer qui lui permet de découvrir l’Afrique du Nord, contrée qui la marque profondément.
Très tôt, la Chambre de Commerce fait appel à son talent, déjà manifeste, afin d’illustrer par des figures grandeur nature des scènes de vie quotidienne, notamment pour le palais de l’Afrique Occidentale à l’exposition coloniale de 1922. La sculpture ethnographique occupe d’ailleurs une place importante dans son œuvre (Antillaise, Jeune Soudanaise, statues bronze ; Potier arabe, statuette terre cuite...). Par ailleurs, fidèle à une foi religieuse héritée d’une famille très pieuse, elle met son talent au service de l’Église. Elle décore, en collaboration avec l’artiste peintre Marguerite Allar (cachet Atelier Allar-Bérengier sur les sculptures en terre cuite), la chapelle Saint-Lucien aux Goudes ; elle réalise le monumental Saint Jean Eudes pour l’église du Sacré-Cœur de Marseille. En 1935, un Saint François d’Assise la représente à l’exposition catholique. Pour autant, elle ne néglige pas la commande privée et peut sculpter, avec autant de passion, une Ondine pour une pièce d’eau du château de Calas ou un Faune pour un jardin à Éguilles.
Fabienne Bérengier participe régulièrement au Salon de la Société des Artistes Français à Paris et aux expositions des Artistes Provençaux. Plus rarement, elle montre ses sculptures dans des galeries : chez Jouvène en 1934, avec Marguerite Allar, et en 1956, avec Louis Audibert, ou bien chez Sauveur Stammegna en 1970 et 1974. De nombreuses récompenses jalonnent sa carrière. En 1941, elle est gratifiée du 1er prix des Traditions Occitanes avec la statuette d’un Gardian. En 1954, elle obtient le 1er prix du Conseil Général des Bouches-du-Rhône. Enfin, en 1971, le prix Gontard et Desplaux rend un ultime hommage à son œuvre sobre mais si expressive.

lundi 1 septembre 2008

Henriette Étienne-Albrand

En 1999, j’ai collaboré au dictionnaire Marseillaises, 26 siècles d’histoire, ma première publication. Il se trouve que cet ouvrage va être réédité l’année prochaine, riche de nouvelles notices. Pour la première édition, j’avais rédigé six notices auxquelles s’ajouteront bientôt deux autres. Comme certaines évoquent des sculptures ou des sculptrices, j’ai décidé de vous en faire part :

Albrand Henriette, née Étienne (Marseille 30.10.1821-Marseille 30.05.1907)
Mécène.
Fille d’un armateur, Joseph Étienne, et veuve d’un docteur en médecine, Louis Albrand, Henriette Étienne-Albrand connaît une aisance financière confortable dont elle use, à la fin de sa vie, afin de promouvoir les arts.
En 1901-1902, elle fait construire par Frédéric Lombard un petit hôtel sur l’avenue du Prado, au n°84 (aujourd’hui le n°130) : la fondation Étienne-Albrand. L’édifice, dès lors, accueille, selon les souhaits de la donatrice, le siège de la Société des Architectes des Bouches-du-Rhône et les expositions d’art industriel ou d’art décoratif que cette dernière organise. D’ailleurs, l’iconographie de la façade est entièrement vouée à l’architecture. De plus, Henriette Étienne-Albrand crée un prix annuel de 500 francs destiné au lauréat d’un concours ouvert aux élèves architectes et architectes de moins de 28 ans du département.
En 1904, elle désire, à la fois, commémorer le souvenir de son père et embellir sa ville natale. Elle commande alors au sculpteur Auguste Carli un projet de fontaine, Le Triomphe d’Amphitrite, pour la place Dumarsais, aujourd’hui place Joseph Étienne. D’un projet en marbre et bronze, on évolue rapidement vers un groupe complètement en marbre de Carrare ; le mécène y investit ainsi 50 000 francs. La fontaine, inaugurée en 1906, se compose sur deux registres. Au sommet, la déesse de la mer apaise les flots tandis qu’un triton sonne dans sa conque la volonté d’Amphitrite. Le piédestal, quant à lui, présente quatre rostres de navires dont les noms sont inscrits dans un cartouche (Le Cèdre, La Clarisse Louise, Le Goéland, Le Nicolas Étienne Jeune), possessions de l’armateur célébré. Ce don diffère des fontaines offertes par d’autres Marseillais (fontaine Estrangin, 1890 ; fontaine Cantini, 1911) par son emplacement dans un quartier populaire.

Auguste Carli, Le Triomphe d’Amphitrite, fontaine en marbre, 1906
Place Joseph Étienne, 7e arrondissement