jeudi 17 décembre 2009

Illuminations de Noël

Je pars demain pour Marseille où je passerai les fêtes de Noël et du Jour de l’An. J’en profiterai pour vérifier si les illuminations de la préfecture des Bouches-du-Rhône sont conformes aux projets annoncés.

Pavillon central de la préfecture
Projet d’illumination noël 2009

lundi 14 décembre 2009

Iconographie : Commerce et Navigation

Le 27 novembre dernier, j’ai évoqué la non-réalisation de deux monuments dédiés à la Navigation et au Commerce. Si ces œuvres n’ont pas vu le jour, leur iconographie n’est cependant pas absente du centre ville de Marseille. En effet, on la retrouve sur les façades de deux anciens palaces de la Canebière.
Ainsi, le Grand Hôtel Noailles édifié au début des années 1860 par les frères Pierre-Marius et Alexandre Bérengier (aujourd’hui commissariat de police ou « police-palace ») présente-t-il un superbe dessus-de-porte : le décor est sculpté par le grand prix de Rome parisien Auguste Ottin (1811-1890). Ses allégories du Commerce et de la Navigation, sous les traits d’Hermès et d’Amphitrite, rappellent la proximité du port et du palais de la Bourse.

Auguste Ottin, Le Commerce et la Navigation, dessus-de-porte, vers 1863
62 La Canebière – 1er arrondissement

Dans le même temps, l’architecte Jean-Charles Pot édifie le Grand Hôtel du Louvre et de la Paix (aujourd’hui magasin C&A), toujours sur la Canebière. La sculpture monumentale est alors confiée au sculpteur aixois Hippolyte Ferrat (1822-1882) : de part et d’autre de l’horloge du fronton, il campe deux figures michélangélesques symbolisant également le Commerce et la Navigation.

Hippolyte Ferrat, Le Commerce et la Navigation, fronton, 1863
49 La Canebière – 1er arrondissement

Les deux décors, quasiment en face l’un de l’autre, se répondent donc. Ils sont complétés par les quatre cariatides du Louvre et Paix évoquant les quatre continents, et par conséquent la richesse produite par le Commerce et la Navigation.

vendredi 11 décembre 2009

Jean-Michel Verdiguier

Voici une nouvelle notice d'un sculpteur marseillais issue de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d'Azur :

Verdiguier Jean-Michel (Marseille, 1706 – Cordoue, Espagne, 29 septembre 1796), sculpteur
Entré à l’arsenal de Toulon en 1728 comme figuriste, il est remarqué par le directeur Lange Maucord. Il en devient le collaborateur – en 1738, il sculpte un Mars, pendant d’une Minerve de Maucord, pour la grande porte de l’arsenal (aujourd’hui Musée naval) –, puis le gendre en 1743. Cette même année, il quitte Toulon pour Marseille où il réalise le fronton (La Force) du palais de Justice (pavillon Daviel) et le décor de l’église Saint-Ferréol (La Résurrection et La Pentecôte, bas-reliefs – détruits). En 1746, il donne un bas-relief pour le maître-autel de la cathédrale de Toulon (L’Ensevelissement de la Vierge). Accusé à tort d’un vol dans l’église des Minimes de Marseille, il est emprisonné du 9 janvier au 27 mars 1752 ; il rédige alors pour sa défense un mémoire racontant sa vie. Dès sa sortie de prison, il réorganise son atelier en Académie de peinture et de sculpture de Marseille, avec les peintres Fenouil et Kappeler. Il est nommé tout d’abord directeur perpétuel, puis directeur principal. Parallèlement, il poursuit ses travaux décoratifs : sculpture de l’église des Bernardines (1755-56), statues des Quatre Évangélistes (1756 – détruites) pour la chapelle Notre-Dame de la Paix dans l’église des Accoules. En 1756, il se libère de ses obligations pédagogiques à l’Académie et voyage. En 1761, il se rend à Bayonne où il réalise un autel. En 1763, il s’installe à Cordoue ; il y décore plusieurs chapelles, compose un Triomphe de saint Gabriel (patron de Cordoue) pour une place publique (Plaza del Triunfo, 1781) et tente de créer une académie locale. Au demeurant, il est reçu membre de l’Académie Saint-Ferdinand de Madrid.

Jean-Michel Verdiguier, La Force, fronton pierre, 1743
Pavillon Daviel, place Daviel, 2e arrondissement

mercredi 9 décembre 2009

Poséidon et Amphitrite (P. Robert sculpteur)

Les chantiers du Second Empire attirent nombre de sculpteurs parisiens à Marseille. Les plus célèbres participent aux décors des bâtiments prestigieux : palais de la Bourse, palais de Justice, palais Longchamp, préfecture des Bouches-du-Rhône, Notre-Dame-de-la-Garde, cathédrale de la Major… D’autres, moins connus, viennent tenter leur chance sur des chantiers privés.
C’est sans doute le cas d’un sculpteur signant P. Robert. Il s’agit peut-être du parisien Philippe Alphonse Robert (1828-1909), élève de Mathurin Moreau. On ne connaît guère de choses à son sujet sinon qu’il expose au Salon des Artistes Français de 1883 : Le Réveil du Printemps (groupe bronze).
En 1867, Robert réalise le décor d’un immeuble sis au 63, rue de la République. Situé entre le Vieux Port et les nouveaux ports de la Joliette, cet immeuble développe naturellement une iconographie maritime, notamment les figures mythologiques en très haut-relief de Poséidon et d’Amphitrite, divinités majeures de la mer. Cet ensemble surplombant la porte d'entrée, d’excellente facture malgré des accidents dus au temps, démontre la qualité des sculpteurs et ornemanistes qui gravitent autour des grands chantiers officiels durant la période faste du Second Empire à Marseille.

P. Robert, Poséidon et Amphitrite, statues pierre, 1867
63 rue de la République, 2e arrondissement

lundi 7 décembre 2009

Le Canal de Suez (Pierre Travaux sculpteur)

Parmi les fontaines monumentales de Marseille, la plus méconnue est certainement celle symbolisant le Canal de Suez, sans doute parce qu'elle ne se situe pas dans le tissu urbain mais au coeur du parc Borély. Voici son histoire :
La ville de Marseille commence à aménager le parc du château Borely en 1862. Dans sa séance du 10 juillet 1863, le Conseil municipal fixe, entre autres, le programme décoratif. Il confie notamment l’exécution d’une maquette au 1/10e d’exécution d’un grand haut-relief faisant fontaine au sculpteur bourguignon Pierre Travaux (1822-1884). Le cahier des charges précise l’iconographie : « La France protégeant la réunion de la Mer Rouge et de la Méditerranée, lesquelles seront personnifiées par des figures allégoriques ayant le caractère égyptien et méridional. La France est assise sur la proue d’un navire, et les deux figures représentant plus particulièrement la Mer Rouge et la Méditerranée sont appuyées sur des monstres marins. » Le sujet évoque le percement de l’isthme de Suez, alors en court, dont l’ouverture devait enrichir le commerce marseillais. Un salaire de 18000 francs-or est alloué à l’exécution en pierre de Calissanne de ce motif.
Le sculpteur touche son premier acompte le 29 septembre 1863, à la réception de son modèle. Quant à la réception de l’œuvre achevée, elle intervient en juillet 1864.

Pierre Travaux, Le Canal de Suez, pierre de Callissanne, 1864
Parc du château Borély, 8e arrondissement

Pour information, Pierre Travaux participe parallèlement au chantier de la Préfecture des Bouches-du-Rhône et réalise les tombeaux des familles Barbaroux et Reynard au cimetière Saint-Pierre.

vendredi 4 décembre 2009

Henri Lombard

Bien que je lui ai consacré de nombreux articles, je me suis rendu compte que je n’avais jamais donné de biographie d’Henri Lombard. Je répare cet oubli en publiant aujourd’hui la notice que je lui ai consacrée dans le Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur :

Les pensionnaires de la Villa Médicis en 1885
Henri Lombard se trouve au centre, sur la rambarde de l’escalier avec une canne
Allongé sur la même rambarde, en veste claire, se trouve Claude Debussy

Lombard Henri Édouard (Marseille, 21 janvier 1855 – Paris, 23 juillet 1929), sculpteur.
Frère de l’architecte Frédéric Lombard (1850-1906), il est l’élève d’Antoine Bontoux à Marseille et de Jules Cavelier à Paris. En 1882, il obtient un 2nd prix de Rome et, en 1883, le Grand Prix avec La Mort de Diagoras de Rhodes. Dès 1878, il participe au Salon de la Société des Artistes Français. Sa Sainte Cécile (1880, médaille de 2e classe) le révèle à ses contemporains et lui gagne la confiance des édiles parisiens (Camille Corot pour l’Hôtel de Ville et deux piliers ornementés pour la place de la République). Au Salon de 1883, sa Judith (musée des Beaux-Arts de Marseille) le place dans la mouvance néo-florentine, ce que ne démentent pas ses envois romains (Diane, Judith et Holopherne devenu ultérieurement Samson et Dalila – Agen). Il expose régulièrement ses compositions commandées par l’État ou par un tiers, dont Pierre Puget (1905, Marseille) et L’Été (1906, aujourd’hui au parc de Saint-Cloud), La Tragédie et La Comédie (1910 et 1911, Opéra de Marseille)... ainsi que des sujets de taille modeste destinés à une clientèle privée. Décorateur fort apprécié, on le retrouve aux frontons du Palais de Justice de Nice (La Justice entre la Force et la Vérité, 1893) et de la Caisse d’Épargne de Marseille (La Provence rurale et maritime, 1904) ou encore, dans la capitale, à l’Opéra Comique et au Grand Palais (La Paix, 1900). Il est respectivement médaillé d’argent et d’or aux Expositions Universelles de 1889 et de 1900 et reçoit la Légion d’honneur (chevalier en 1894). Enfin, il mène une carrière d’enseignant à l’École nationale des Beaux-Arts : il succède à Laurent Marqueste comme professeur de modelage aux cours du soir en 1900 et le demeure jusqu'à sa mort.

Achats de l’État au Salon de 1883 dont la Judith d’Henri Lombard
La statue en plâtre est aujourd’hui conservée sans son socle à colonnettes
qui a été réattribué au groupe Roger et Angélique de Barye (musée du Louvre)

mardi 1 décembre 2009

Actualité des sculpteurs marseillais sur Ebay (décembre)

Le 3 décembre prochain, Ebay propose à la vente une œuvre de Louis Botinelly qui a déjà été soumise aux enchères (cf. notice du 6 octobre 2009), mais dont la mise à prix de 5000 euros avait été rédhibitoire : il s’agit du buste d’un inconnu, en plâtre, daté de 1904. Aujourd’hui, la stratégie du vendeur est tout autre : l’enchère minimale a été placée à 1 euro. Du coup, le buste trouvera preneur… à condition que le vendeur n’impose pas de prix de réserve.

Louis Botinelly, Portrait d’un inconnu, buste plâtre, 1904

Addenda du 3 décembre 2009 : le vendeur a interrompu prémarutément les enchères (2 enchères pour un montant de 1,5 €), préférant le remettre en vente directe au prix de 700 €.

Un autre habitué des ventes sur Ebay est le sculpteur Ary Bitter. Le 6 décembre prochain, ce sont quatre dessins de l’artiste, à la craie rehaussés de gouache, qui sont soumis aux enchères. Chacun est proposé à 9,99 euros, prix de base. Ces beaux dessins – notamment les deux animaliers – risquent d’enflammer les enchères.

Ary Bitter, Nu, dessin, 27 x 21 cm
Addenda du 6 décembre : au terme de 7 enchères, le dessin est parti à 28,50 €.

Ary Bitter, Caricatures, dessin, 27 x 21 cm
Addenda du 6 décembre : au terme de 14 enchères, le dessin s'est vendu 42,50 €.

Ary Bitter, Biches, dessin signé, 31 x 24 cm
Addenda du 6 décembre : au terme de 13 enchères, le dessin s'est vendu 66 €.

Ary Bitter, En Provence, dessin signé, 21 x 27 cm
Addenda du 6 décembre : au terme de 15 enchères, le dessin s'est vendu 101,01 €.