lundi 30 août 2010

Ernest Wadens

Voici, pour finir le mois, une courte notice biographique non illustrée de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d'Azur. Si quelqu'un a des informations sur cet artiste, je suis preneur.


Wadens Ernest Hyacinthe (Marseille, 6 juin 1876 - ?), sculpteur

Élève de Jules Cavelier, il participe à l’exposition de l’Association des artistes marseillais de 1899 : L’Artiste se cramponnant au génie et Étude, portrait. On le retrouve à Paris, au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1908 avec trois œuvres : L’Automobile passe ! (statuette bronze), Avis ! (statuette plâtre) et le portrait de Mlle Jacqueline B… (statuette bronze).

jeudi 26 août 2010

Gustave Guétant

Voici une nouvelle notice issue de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur, enrichie par des informations récentes :

Gustave Guétant

Guétant Gustave Paul (Marseille, 25 mai 1873 – Marseille, 21 juillet 1953), sculpteur
Fils d’un relieur d’art, il entame des études de peintre à l’École des Beaux-Arts de Marseille ; déçu par sa formation, il s’oriente alors vers la sculpture. Le 2 juillet 1896, il remporte le concours pour la bourse triennale et devient pensionnaire de la Ville.

Archives municipales de Marseille 31R74
Procès verbal du 2 juillet 1896

Il devient alors élève d’Ernest Barrias et Jules Coutan à Paris. Plus tard, il commence par exposer au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts : Mme F… (1902), Joueuse de tennis, un revers et Joueuse de tennis, la volée haute (statuettes en plâtre patiné, 1903). Il participe ensuite au Salon des artistes français avec Mlle Madeleine N… (statuette plâtre, 1909 ; statuette bronze, 1910 – mention honorable). Toutefois, c’est surtout dans la section des arts décoratifs qu’il se fait un nom avec des reliures en cuir ciselé (1905 – médaille de 3e classe ; 1906 – médaille de 2e classe ; 1911 – médaille de 1ère classe). Il fréquente également la Société des aquarellistes où il expose en 1908. En 1909, il est promu officier d’Académie. Mobilisé en août 1914, il quitte le front en février 1916 pour rejoindre la section topographique sur recommandation des peintres Steinlein et Forain. Dans les années 1920, il renoue avec les arts appliqués ; lors de l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925, il est même membre du jury pour la section du livre. Par ailleurs, après une longue absence, il revient régulièrement comme sculpteur au Salon des artistes français entre 1931 et 1940 où reçoit de nouvelles distinctions : bronze en 1931 et argent en 1935 ; il décroche une autre médaille d’argent lors de l’Exposition Internationale de 1937. Son œuvre sculptée se partage alors entre portraits et sculpture animalière (Le Premier crayon, chimpanzé, statuette bronze, 1931, musée Cantini, Marseille). Dans les années 1940, il reçoit quelques commandes publiques : Lionne assise (statue pierre, 1941) pour le Muséum d’histoire naturelle de Paris ou Lionne couchée (statue pierre, 1947) pour la ville de Nelle dans les Deux-Sèvres.

Gustave Guétant, Odalisque, cuir ciselé et peint, vers 1904-1911 ?
Galerie François Deneulin

dimanche 22 août 2010

La Voix intérieure (Auguste Rodin sculpteur)

Auguste Rodin, La Voix intérieure, statue plâtre, 1898
Réserves des musées de Marseille, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement

Le sculpteur Auguste Rodin (1840-1917) effectue le don d’une de ses statues au musée des Beaux-Arts de Marseille en 1896, bien qu’il en ait promis trois à l’origine. Cette démarche n’a toutefois rien de spontané, le sculpteur n’ayant aucune attache avec la cité phocéenne ; elle est l’œuvre du conseiller municipal Pierre Bertas (1864-1950), adjoint de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. Dans une lettre du 13 août 1896 adressée à Rodin, il explique sa motivation : « pouvoir faire contempler vos œuvres à mes concitoyens auxquels elles ouvrirons de nouveaux horizons. »
La Voix intérieure dont le plâtre est moulé en juillet 1898 arrive à Marseille le 19 août suivant. Le temps écoulé entre le don et sa réception permet au conservateur du musée, Philippe Auquier (1863-1908), de réarranger la galerie de sculpture : « J’ai récemment réaménagé en son entier la pauvre section de sculpture de notre musée et groupé dans la salle voisine tout ce que la ville possédait de Puget (originaux et moulages). Il y a heureusement quelques œuvres puissantes qui je l’espère tiendront assez heureusement compagnie à votre figure » écrit-il à Rodin le 28 juin 1898.
Si, à l’origine, La Voix intérieure trouve une place d’honneur mettant en avant sa modernité et sa singularité (sculpture tronqué, couture apparente), elle est rapidement noyée par l’enrichissement disparate de la section de sculpture au début du XXe siècle. Elle subit bientôt, comme ses voisines, le désaveu de la statuaire du XIXe siècle ; elle demeure dans le purgatoire des réserves jusqu’aux années 1960 où on l’exhibe à nouveau, au musée Cantini, comme l’un des chefs d’œuvre des collections. Elle réintègre le musée Longchamp dans les années 1990 au moment de la création d’une nouvelle galerie de sculpture… mais les travaux du grand Lonchamp lui impose une nouvelle fois aujourd’hui la remise en réserves.

Bibl. : Rodin : La Voix intérieure, musée des Beaux-Arts de Marseille, 26 avril-27 juillet 1997

mardi 17 août 2010

Les statuettes polychromes de Jules Cantini

Jules Cantini (1826-1916) fait fortune dans l’exploitation de carrières de pierres et de marbres blancs ou polychromes tout autour de la Méditerranée. Rapidement, il comprend que leur promotion passe par la réalisation de pièces remarquables. Ainsi, à l’exposition de la Société artistique des Bouches-du-Rhône de 1855, exhibe-t-il dans la section de sculpture deux tables en mosaïques de pierre dures et de marbres : le plateau de la première représente des fleurs, des fruits et des oiseaux tandis que le second se contente de panneaux et de branches de cerisiers.
Par ailleurs, il sait que les statues sont un support publicitaire idéal. De fait, il s’adjoint les services d’artistes renommés, prix de Rome… ce que l’on a vu dans l’article précédent. Vers 1905, Jules Cantini finit par se passer du concours de ces sculpteurs de renom pour donner une œuvre personnelle : à l’Exposition Coloniale de Marseille de 1906 paraît donc Le Bon accueil « qu’il faut bien reconnaître sensiblement inférieur à ses aînés », déclare Charles Delanglade (1870-1952), « […] il est regrettable que, cette fois encore, M. Cantini ne se soit pas adjoint un maître statuaire. »1
Or, à côté de ce Bon accueil grandeur nature, le marbrier réalise de multiples statuettes polychromes valorisant ses marbres. Plusieurs sont parvenues jusqu’à nous grâce au legs Cantini de 1917. Cela permets de confirmer les dires de Charles Delanglade : cette production est d’une qualité artistique moindre, parfois grossière et kitch. En voici quelques-unes pour vous faire une idée.

Jules Cantini, Phryné, statuette en marbre jaune et onyx
Réserves des musées, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement
C’est la seule œuvre signée (plaque gravée) de la collection

Jules Cantini, Femme voilée, buste en marbres polychromes
Réserves des musées, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement

Jules Cantini, Égyptienne, statuette en marbre rouge
Réserves des musées, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement

Jules Cantini, Romaine, statuette en marbres polychromes
Réserves des musées, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement

1 Charles Delanglade, « Éloge de M. Jules Cantini », Mémoires de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Marseille, t.1917-1920, Marseille, 1921, p. 281-282.

jeudi 12 août 2010

La Pensée sorbonienne (Denys Puech sculpteur)

Le musée des Beaux-Arts de Marseille possède dans ses collections une superbe statuette en marbre teinté, La Pensée sorbonienne de Denys Puech (1854-1942), provenant du legs de Jules Cantini (1826-1916).

Denys Puech, La Pensée sorbonienne, statuette en marbre teinté, vers 1900-1910
Réserves des musées de Marseille, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement

Il s’agit-là de la réduction d’une statue en marbres polychromes datant de 1902. Le sculpteur avait été sollicité le 18 décembre 1899 pour la réalisation d’une statue monumentale pour la cour d’honneur de la Sorbonne. Une somme de 10000 francs fut allouée pour la réalisation du modèle en plâtre. L’esquisse présentée le 20 avril 1900 n’apparut pas satisfaisante dans son allure et la figure définitive, haute de 177 cm, ne correspondait pas à l’idée de l’architecte qui imaginait une œuvre d’au moins trois mètres. Le projet fut finalement abandonné le 30 novembre 1905. Pour finir, la statue fut acquise en 1983 par le musée du Petit Palais, à Paris.

Denys Puech, La Pensée sorbonienne, statue en marbres polychromes, 1902
Musée du Petit Palais, Paris

Le fait qu’une réduction de La Pensée sorbonienne appartienne fonds Cantini suggère que les marbres polychromes de la statue proviendraient des ateliers du marbrier marseillais. Cela inscrirait l’œuvre de Puech dans le petit groupe des sculptures de maîtres statuaires visant à promouvoir la variété des marbres de Cantini. Deny Puech, prix de Rome en 1884, était le condisciple romain d’Henri Lombard (1855-1929), prix de Rome en 1883 et auteur d’une Hélène polychrome pour Cantini en 1885 ; sans doute le second artiste aura-t-il présenté le marbrier au premier.

Henri Lombard, Hélène, statue en marbres polychromes, 1885
Réserves des musées de Marseille, rue Clovis Hugues, 3e arrondissement

De même, Ernest Barrias (1841-1905), prix de Rome en 1866 et auteur de La Nature se dévoilant devant Science (1899) était un intime d’André Allar (1845-1926), lui-même ami de Jules Cantini avec lequel il avait effectué des essais de polychromie.

Ernest Barrias et Jules Cantini, La Nature se dévoilant devant Science
Statue en marbres polychromes et onyx, 1899
Musée d’Orsay, Paris

André Allar, Le Duc d’Aumale, médaillon en marbres, 1860
Collection particulière

lundi 9 août 2010

Le décor sculpté de l’église de Saint-Barnabé (Alexis Pigalio et Gabriel Joucla sculpteurs)

Alexis Pigalio, Saint Pierre, Saint Barnabé et Saint Jules
Statues en pierre, 1895
Église de Saint-Barnabé, 12e arrondissement

Alexis Pigalio (1860-1895) expose au Salon marseillais de 1895 (n°311) la maquette des statues du clocher de Saint-Barnabé qu’il sculpte la même année. La première des trois figures élancées est celle de Saint Pierre : il tient les clés du paradis et montre le ciel de l’index droit. Au milieu se trouve Saint Barnabé : cousin de l’évangéliste Marc et compagnon de voyage de l’apôtre Paul, il serait l’auteur de l’Épître aux Hébreux ; cela se traduit dans la sculpture par le livre et le geste de bénédiction de l’apôtre car, même s’il n’appartient pas au groupe des douze apôtres, on lui en attribue généralement le titre au sens large. Enfin, vient le pape Saint Jules 1er (vers 280-352) qui affermit la foi en maintenant le mystère de la sainte Trinité face à l’arianisme : il apparaît avec les attributs de la fonction papale (habit, coiffe, crosse) et porte la maquette d’une église, symbolisant son rôle de bâtisseur (basilique des Douze Apôtres et Sainte-Marie-du-Trastevere entre autres).
Il est probable que l’ensemble du décor ait été confié à Pigalio. Malheureusement, le décès prématuré du jeune sculpteur à l’âge de trente-cinq ans (12 octobre 1895) change la donne. Désormais, la réalisation des tympans des trois portes du porche échoie à Gabriel Joucla (actif à Marseille entre 1890 et 1905). Il en expose un modèle au Salon marseillais de 1900 (n°264) : Sainte Vierge, Saint François de Sales et Saint Barnabé. Ici, les deux saints agenouillés et entourés d’anges adorent la Vierge à l’Enfant, ayant tous les attributs de la royauté (trône, couronne, sceptre). Le relief, celui du tympan central, montre l’importance du culte marial à la fin du XIXe siècle et France et à Marseille.

Gabriel Joucla, La Vierge à l’Enfant entre Saint Barnabé et Saint François de Sales
Tympan en pierre, vers 1896-1900
Église de Saint-Barnabé, 12e arrondissement

Les tympans latéraux, quant à eux, reprennent l’iconographie du clocher en relation avec le mécénat de Pierre et Jules Caire. D’un côté, figure la Remise des clés à Saint Pierre et, de l’autre, une scène liturgique (plus difficilement identifiable) avec Saint Jules.

Gabriel Joucla, La Remise des clés à Saint Pierre
Tympan en pierre, vers 1896-1900
Église de Saint-Barnabé, 12e arrondissement

Gabriel Joucla, Saint Jules
Tympan en pierre, vers 1896-1900
Église de Saint-Barnabé, 12e arrondissement

vendredi 6 août 2010

L’église de Saint-Barnabé

Puisque la ligne 1 du métro a été prolongée, j’invite chacun à emprunter ce moyen de transport jusqu’à la station Saint-Barnabé où se trouve l’une des plus intéressantes églises de la ville. Celle-ci ayant été récemment ravalée, le plaisir de la découverte n’en sera que plus grand.

Église de Saint-Barnabé, 12e arrondissement

Le Conseil municipal de Marseille, par délibération du 25 août 1845, projette l’érection d’un nouveau sanctuaire dans le quartier de Saint-Barnabé, sur un terrain offert par un notable. Les plans et devis sont l’œuvre de l’architecte Pascal Coste (1787-1879). Mgr de Mazenod bénit la première pierre le 25 septembre 1846 ; le bâtiment, de plan basilical à trois nefs, est achevé l’année suivante. Le coût des travaux s’élève à 42000 francs-or répartis en don, souscription publique et subvention municipale (15000 francs-or).
L’église est complétée à la toute fin du XIXe siècle par l’adjonction d’un clocher-porche conçu par l’architecte Théodore Dupoux (1849-1924). Le projet, d’un coût total de 50184 francs-or en partie financé par le mécénat de Pierre et Jules Caire, date de 1892 ; les travaux débutent en 1893 et s’achèvent en 1896. C’est-là que se porte la totalité du décor sculpté : une galerie de trois saints en façade (Alexis Pigalio sculpteur) et trois tympans (Gabriel Joucla sculpteur).
Le programme iconographique est double : d’une part, le culte marial (tympan central et décor peint intérieur) ; d’autre part, l’évocation des donateurs de la paroisse. Ainsi, sur la façade, entre les deux saint patrons de la famille Caire, trouve-t-on saint Barnabé. Il rappelle la mémoire de Barnabé Capelle, notaire phocéen du XVe siècle qui dota une ancienne chapelle, détruite en 1666, d’un retable ; en remerciement de cet acte de générosité, ladite chapelle prit le vocable de Saint-Barnabé avant qu’il ne s’étendît à tout le quartier.

mardi 3 août 2010

Pouce (César sculpteur)

César Baldaccini, dit César (1921-1998), travaille sur le thème du pouce dès le milieu des années 1960 : il présente un, agrandi, pour la première fois en 1965. En 1988, il réalise un Pouce en bronze doré - même si la patine doré tend aujourd'hui à s'estomper - d'une hauteur de six mètres et pesant plus de quatre tonnes ; celui-ci est envoyé en Corée pour être présenté au Parc des Olympiades de Séoul. Ce même Pouce est ensuite exposé à la Vieille Charité, en 1993, lors d'une rétrospective de l’œuvre de César. Lors de l'ouverture du MAC (Musée d’Art Contemporain) en 1994, il trouve enfin sa place définitive dans le paysage urbain marseillais, au milieu du rond-point Pierre Guerre, à seulement vingt mètres dudit musée.

César, Pouce, statue en bronze doré, 1988
Rond-point Pierre Guerre, 8e arrondissement
Face et dos

Il existe trois autres exemplaires de cette taille, un à Séoul, un au Plessis-Robinson et un troisième qui a été acheté aux enchères par un particulier en 2007 (1 200 000 €). Il existe une version de douze mètres installée place Carpeaux, à la Défense. Enfin, on trouve des versions plus petites notamment dans le hall d'entrée d'Acropolis (le palais des Congrès de Nice) ou dans le MAC lui-même.

César, Pouce, statue en bronze doré, 1988
Rond-point Pierre Guerre, 8e arrondissement
Effet nocturne