samedi 29 janvier 2011

Enfant monté sur une tortue (Eugène Delaplanche sculpteur)

Le sculpteur parisien Eugène Delaplanche (1836-1891) obtient le grand prix de Rome en 1864. À la Villa Médicis, il réalise une statue en plâtre, d’une hauteur de 1,35 mètre, intitulée Enfant monté sur une tortue qu’il expose à Paris, au Salon de 1866 (n°2723) ; il y obtient une médaille. Dans la foulée, le fondeur Victor Thiébault coule la sculpture en bronze, laquelle est acquise par le ministère de la Maison de l’Empereur et des Beaux-Arts pour 5200 francs, le 7 juillet 1866 (paiement le 15 septembre suivant). Ce bronze paraît ensuite à l’Exposition universelle de 1867 (n°686).
En 1871, l’État l’attribue au musée des Beaux-Arts de Marseille. Longtemps exposée dans la galerie des sculptures du Palais Longchamp, la statue est déposée en extérieur après la seconde guerre mondiale. À la fin des années 1970, elle réintègre les réserves du musée où elle subit une restauration. Enfin, dans les années 1980, elle est déposée dans l’escalier d’honneur de l’ancienne Bibliothèque – École des Beaux-Arts où elle se trouve toujours.

Eugène Delaplanche, Enfant monté sur une tortue, bronze, 1866
Palais des Arts, Place Carli, 1er arrondissement

L’Enfant monté sur une tortue s’inscrit dans une lignée de nus masculins juvéniles, réalisés en Italie par les lauréats du prix de Rome : Petit Pêcheur napolitain de François Rude, Jeune Pêcheur dansant la tarentelle de Francisque Duret, Jeune Pêcheur à la coquille de Jean-Baptiste Carpeaux, Enfant des Abruzzes d’André Allar.

André Allar, Enfant des Abruzzes, bronze, 1873
Gravure d’après la statue du musée d’Orsay

vendredi 21 janvier 2011

Promotion personnelle !

Lundi prochain, 24 janvier 2011, Jean-Pierre Cassely a l’extrême gentillesse de consacrer une chronique à mon blog dans son émission sur France Bleu Provence 103,6. Évidemment pour les lève-tard, il sera difficile de l'écouter car elle sera diffusée à 6h40 ! Vous pouvez l'avoir en direct sur votre ordinateur à l’adresse suivante :
Quant à tous les curieux, je rappelle le site de Jean-Pierre Cassely qui organise des visites guidées sur le thème de la Provence insolite :
Bon week-end à tous !

mardi 18 janvier 2011

Monument à Gustave Ganay (Élie-Jean Vézien sculpteur)

Gustave Ganay (Marseille, 21 mars 1892 – Paris, 23 août 1926 ) est un coureur cycliste français. Électricien de métier, il remporte ses premiers succès en 1910 et 1911 au Grand Prix de Manosque. Appelé sous les drapeaux pendant la Première Guerre mondiale, il doit interrompre sa carrière entre 1914 et 1918. En 1919 il retrouve le succès au cours de la course Marseille-Lyon. Il est 3e au championnat du monde de demi-fond professionnel en 1922 puis 2e en 1926. Il remporte également le championnat de France de demi-fond cette année-là. Il meurt des suites d'une chute à vélo au Parc des Princes à Paris le 23 août 1926, à l’apogée de sa gloire. Il est inhumé au cimetière Saint-Pierre de Marseille. La ville de Marseille lui a rendu hommage en donnant son nom à un boulevard et une tribune du Stade Vélodrome.

Élie-Jean Vézien, Monument à Gustave Ganay
Pierre et bronze, 1938-1939
Parvis du Stade Vélodrome, 8e arrondissement

En 1938, le quotidien Le Petit Provençal lance une souscription publique afin d’élever un monument commémoratif au champion. Il demande également à tous les sculpteurs français intéressés de soumettre une maquette à jury placé sous l’autorité de Constant Roux (1865-1942). À l’issue du concours, la réalisation du monument échoit au grand prix de Rome marseillais Élie-Jean Vézien (1890-1982). Celui-ci conçoit sa sculpture en deux parties : un bas-relief de pierre figurant des cyclistes et motocyclistes sert de fond devant lequel se détache une statue en bronze. Enfin, le piédestal énonce les dates marquantes et les victoires de Gustave Ganay.

jeudi 13 janvier 2011

Voyage à Rome

Aujourd’hui, je ne donne aucune iconographie. Je me contente d’annoncer une future exposition à laquelle je participe. Elle aura lieu l’été prochain à Aix-en-Provence, dans la Galerie d’art du Conseil général des Bouches-du-Rhône (hôtel de Castillon, 21bis cours Mirabeau). On y trouvera plusieurs artistes dont je parle plus ou moins régulièrement sur mon blog : les sculpteurs André Allar, Félix Chabaud et Jean Hugues ou encore le peintre Henry Pinta. En voici le synopsis :

Voyage à Rome
Les artistes, la Provence et l’Académie de France, du XVIIIe siècle à nos jours

Longtemps considéré comme l’élément constitutif de toute vie artistique, le voyage à Rome a toujours représenté un retour vivifiant aux sources de notre civilisation, un voyage initiatique au berceau de l’art. La fascination exercée par cette ville au prestige inégalé, la séduction nostalgique de ses sites - des vestiges antiques aux lieux majeurs de la culture européenne, des chefs d’œuvres du passé à la mélancolie de ses paysages - ont imprégné une production considérable d’œuvres et nourrissent encore aujourd’hui profondément l’imaginaire des artistes.
Sur une période allant du XVIIIe siècle à nos jours et à travers les créations d’une vingtaine d’artistes nés sur les bords de la méditerranée, pensionnaires de l’Académie de France (Villa Médicis) ou ayant travaillé dans sa proximité, l’exposition s’attachera à faire valoir la dimension spécialement féconde du séjour à Rome et les remarquables expériences esthétiques que ce voyage rend possible.
Elle mettra en présence une sélection de peintures, sculptures, dessins, photographies et vidéo autour d’un ensemble de thèmes qui traversent les époques et circulent d’un médium à un autre. Les morceaux académiques des « prix de Rome », les vues urbaines, les études « sur le motif » de la campagne romaine ou encore les curiosités pittoresques de la Rome moderne proposeront différentes visions d’une cité éternelle très longtemps observée, idéalisée et fantasmée. Ces exemples donneront à voir la manière dont cette ville a été et demeure « habitée » par les artistes, entre persistance et dépassement de la tradition.
Enfin, Voyage à Rome explorera l’instant privilégié et fugace auquel correspond ce séjour: le moment du devenir artiste. Quand il s’agit à la fois de confronter son regard à celui des grands exemples mais aussi de se démarquer des autres et des acquis, de construire son univers propre, d’aller au-delà des influences, des références pour inventer son propre langage.
Par une confrontation des visions empruntées aux siècles précédents à des expériences artistiques contemporaines, l’exposition se penchera ainsi sur la spécificité des œuvres et des démarches qui émergent au cours de ce séjour et tentera d’en éclairer la portée ou les multiples implications sur la création d’un artiste, sur sa façon d’envisager sa pratique artistique.
Liste des artistes présentés dans l’exposition : André Allar, Berdaguer & Péjus, Vincent Bioulès, Jean-Louis Brian, Louis-Félix Chabaud, Jean-Antoine Constantin, Michel-François Dandré-Bardon, Caroline Duchâtelet, Honoré Fragonard, François-Marius Granet, Jean-Baptiste Hugues, Charles-Joseph Natoire, Dominique Papety, Raphaëlle Pauper-Borne, Auguste Pelet, Pierre Peyron, Henry Pinta, Anne et Patrick Poirier, Jacques Réattu, Pierre Subleyras

vendredi 7 janvier 2011

Le concours régional de Marseille de 1886

J’ai décidé de présenter, de temps à autres, des catalogues d’expositions locales qui donnent un instantané de la sculpture à Marseille à un moment précis. J’en profiterai pour commenter quelques-unes des œuvres citées. Je commence avec le Concours régional de Marseille de 1886.

Catalogue du concours régional de Marseille de 1886 (p.32-36)

Émile Aldebert (1827-1924)
n°482 – Bateleur (Salon de 1883) : Cette statue en plâtre qui reçoit une mention honorable au Salon des artistes français de 1883 est aujourd’hui conservée au musée des Beaux-Arts de Marseille.
Ferdinand Faivre (1860-1937)
n°501 – Mézener blessé : Il s’agit en fait de Mézence blessé, sa statue en plâtre du concours pour l’obtention du Prix de Rome de 1884 (lauréat du concours : Denys Puech, 1854-1942) ; cette année-là, le jeune sculpteur montait pour la première fois en loge (4e logiste).
n°502 – Jeanne Coudray (buste) : Ce buste en plâtre figure au Salon des artistes français de 1884 (n°3502bis).
Philippe Poitevin (1831-1907)
n°514-516 – Ville de Marseille couronnant M. de Mont-Richer : Pour cette œuvre, je renvoie simplement aux notices que je lui ai précédemment consacrées (25 avril et 16 juillet 2010).
Constant Roux (1864-1942)
n°520 – Médaillon-portrait de M. Barret : Ce portrait du peintre Marius Barret (1865-1944) est la plus ancienne œuvre recensée du sculpteur, hormis ses travaux à l’École des Beaux-Arts de Marseille.
André Allar (1845-1926)
n°545 – Buste en marbre, portrait de M. Espérandieu architecte : Présenté dans la section « monuments publics », le buste fait partie du monument qui orne la cour d’honneur du Palais des Arts (ancienne École des Beaux-Arts – Bibliothèque), l’exposition du concours régional se déroulant dans la salle des fêtes dudit bâtiment ; pour plus d’information sur cette œuvre, il faut se reporter à la notice du 10 mars 2008.

Addenda du 12 février 2016 : j’ai rencontré l’arrière-petit-fils du sculpteur Ferdinand Faivre qui m’a ouvert ses archives familiales. Là j’y ai découvert le diplôme de première médaille que l’artiste a obtenu à l’issu du concours régional de Marseille de 1886.

Diplôme de première médaille, Marseille, 1886
Archives de la famille Faivre

mardi 4 janvier 2011

Edmond Rostand

Comparée à d’autres grandes villes, Marseille possède un nombre limité de monuments dédiés à de grands hommes. Par contre elle possède une caractéristique unique, celle d’honorer à l’excès certains de ses enfants : je connais, par exemple, huit représentations sculptées de Pierre Puget dissiminées dans l’espace urbain phocéen ! Plus modeste, le poète et dramaturge Edmond Rostand (1868-1918) n’y est représenté que trois fois.

Paul Gondard, Monument à Edmond Rostand, pierre, 1930
Parc Chanot, 8e arrondissement

Le premier dans le temps est le monument réalisé par Paul Gondard (1884-1953) ; il est inauguré entre autres par l’écrivain marseillais Émile Ripert et Maurice Donnay de l’Académie Française le 13 avril 1930.

Andrée Rostand, Edmond Rostand, médaillon en bronze doré, 1936
14 rue Edmond Rostand, 6e arrondissement

Le second est l’œuvre de la belle-fille du poète, épouse du biologiste Jean Rostand (1894-1977). Il est inauguré dans le hall de la demeure natale d’Edmond Rostand le 24 janvier 1936 et fait pendant au médaillon de son père Eugène (1843-1915) sculpté par Charles Delanglade (1870-1952).

J. Sarto, Monument à Edmond Rostand, buste en bronze
Ensemble et signature
Angle des rues Saint Suffren et Edmond Rostand, 6e arrondissement

Le dernier est plus récent et date vraisemblablement des années 1970-1980. Il est signé d’un certain J. Sarto dont j’ignore tout. Je suis preneur de toutes informations au sujet de ce monument !