jeudi 28 avril 2011

Maurice Mangepan-Flégier

Maurice Mangepan-Flégier (Plan-de-Cuques, 1903 – Marseille, 1985), sculpteur et médecin


En 1919, il fait son entrée à l’École des Beaux-Arts de Marseille, dans la section de sculpture où il obtient de nombreux prix ; parallèlement, il taille des tombes et des cheminées chez un marbrier afin de payer ses études de médecine. Il commence à montrer ses œuvres au public marseillais à partir de 1925 : buste d’Honoré Daumier exposé à la bibliothèque municipale pour le cinquantenaire de la mort de l’artiste (1925), portrait du poète Elzéard Rougier inauguré sur la façade de son immeuble (1928), buste de M. Brunet, directeur de l’Opéra de Marseille présenté au Salon de l’Union des Artistes de Provence (1929)… Il réalise le masque funéraire de son oncle, le compositeur Ange Flégier, en 1928 ; la municipalité phocéenne lui commande alors un étude pour un monument qui n’aboutit pas.

Maurice Magepan Flégier, Elzéard Rougier, bas-relief bronze, 1928
53, cours Franklin Roosevelt – 1er arrondissement

Sans abandonner sa vocation artistique, il devient l’un des premiers directeurs de cliniques privées de Marseille : en 1931, il préside à l’ouverture des clinique Flégier (13e arrondissement), du château La Verdière (13e arrondissement) et du Marin (2e arrondissement). Néanmoins, à la retraite en 1960, il se retrouve sans moyens financiers : il loue alors une ruine au Rove, sans eau ni électricité, qu’il retape. Il se remet à exposer ses sculptures, de plus en plus abstraites : expositions dans son atelier au Rove (1960, 1970), à Fontenaille à Aix-en-Provence (1966), au Concorde-Prado à Marseille (1970)… En 1970, il quitte le Rove et s’installe dans sa famille à Cabriès où il transforme une grange en atelier. En 1981, il souffre des prémices de la longue maladie qui le tuera en 1985. En 1995, sa famille organise une rétrospectives de ses œuvres à l’hôtellerie de la Sainte-Baume. Le modèle plâtre du portrait d’Elzéard Rougier est alors offert à l’écomusée de la Sainte-Baume.

PS : Yvane Besson, la fille de Maurice Mangepan-Flégier qui m’a fourni la biographie de son père, me signale qu’elle possède encore quelques œuvres originales dont elle souhaite se défaire (le masque funéraire d’Ange Flégier notamment). Si quelqu’un est intéressé, qu’il n’hésite pas à prendre contact avec moi, je transmettrai la demande.

jeudi 21 avril 2011

Rencontre inattendue (Ary Bitter sculpteur)

Mercredi 27 avril prochain, le commissaire-priseur parisien Guillaume Le Floch mettra en vente une œuvre du sculpteur marseillais Ary Bitter (1883-1973). Des sculptures de cet artiste se vendent régulièrement, mais celle-ci, outre le fait que je la trouve séduisante, est caractéristique de sa production de l’entre-deux-guerres. Il s’agit donc d’une terre cuite patinée, signée sur la base, représentant un faune endormi près de son thyrse et de sa cornemuse découvert par un chevreau ; le titre original de ce petit groupe (H. 24 cm - L. 78 cm - P. 19 cm) est Rencontre inattendue. Son estimation se situe dans une fourchette de 300 à 500 €.

Ary Bitter, Rencontre inattendue, groupe en terre cuite patinée, vers 1926


Cette sculpture a été éditée en bronze par la fonderie parisienne Les Neveux de J. Lehmann (ou L.N.J.L.) avec laquelle Ary Bitter signe un contrat en 1926 ; seize œuvres sont alors éditées par le bronzier. De fait, on la retrouve reproduite dans le catalogue de l’entreprise en 1927 (n°330).


Ary Bitter, Rencontre inattendue, groupe en bronze, 1926
Planche du catalogue du fonderie L.N.J.L.

dimanche 17 avril 2011

Monument des Mobiles (Jean Turcan sculpteur)

Je n’ai pas beaucoup de temps pour m’occuper de mon blog en ce moment. Je vous livre juste une découverte que j’ai faite récemment : je me suis rendu compte que le Monument des Mobiles des Bouches-du-Rhône était signé et daté (pour l’historique de l’œuvre, cf. notice du 29 février 2008). Comme quoi, on peut travailler depuis quinze ans sur certaines œuvres et se laisser encore surprendre !


Jean Turcan (1846-1895), Monument des Mobiles, pierre et bronze, 1893

Ensemble et signature

Angles des allées Gambetta et de La Canebière – 1er arrondissement

mercredi 6 avril 2011

Les sept péchés capitaux (Antoine Sartorio sculpteur)

Mémo, le magazine historique dérivé du mensuel Ça m’intéresse, consacrera cinq pages à Marseille dans son numéro de juin 2011. L’objectif est de mettre le projecteur sur huit lieux de la région, originaux et chargé d’histoire, commentés par des Marseillais. Une journaliste m’a donc contacté pour m’interviewer sur le décor de la prison des Baumettes. J’en profite donc pour revenir sur ce décor.

En 1930, Marseille compte trois établissements pénitentiaires en centre-ville : l’ancien couvent des Présentines, les prisons Chave et Saint-Pierre. Il est alors décidé de regrouper ces trois pénitenciers en un seul lieu, la prison de Baumettes. La construction, réalisée par l’architecte départemental Gaston Castel (1886-1971), s’échelonne de 1931 à 1940.

En 1930, Marseille compte trois établissements pénitentiaires en centre-ville : l’ancien couvent des Présentines, les prisons Chave et Saint-Pierre. Il est alors décidé de regrouper ces trois pénitenciers en un seul lieu, la prison de Baumettes. La construction, réalisée par l’architecte départemental Gaston Castel (1886-1971), s’échelonne de 1931 à 1940.

La Colère qui s’arme d’un couteau et projette le meurtre.


Antoine Sartorio, La Colère, haut-relief en pierre, 1938


La Paresse qui vie repliée sur elle-même.


Antoine Sartorio, La Paresse, haut-relief en pierre, 1938


L’Avarice qui, comme l’Harpagon de Molière, ne songe qu’à l’or de sa cassette.


Antoine Sartorio, L’Avarice, haut-relief en pierre, 1938


La Gourmandise qui est figurée par un ivrogne ; Monseigneur Delay, évêque de Marseille de 1937 à 1956, ironisera auprès de l’architecte sur la substitution de l’Alcoolisme à la Gourmandise : « Auriez-vous l’ambition de revoir la théologie catholique ? »


Antoine Sartorio, La Gourmandise, haut-relief en pierre, 1938

L’Orgueil qui se mire dans un miroir auprès d’un paon, symbole de la vanité.

Antoine Sartorio, L’Orgueil, haut-relief en pierre, 1938

L’Envie qui se ronge les ongles.

Antoine Sartorio, L’Envie, haut-relief en pierre, 1938


La Luxure qui cueille le fruit du péché, nouvelle Ève tentée par le serpent à ses pieds.



Antoine Sartorio, La Luxure, haut-relief en pierre, 1938

Mur d’enceinte de la prison des Baumettes

213, chemin de Morgiou – 9e arrondissement