lundi 26 septembre 2011

Adolphe Thiers (Auguste Clesinger sculpteur)

Le 12 mars 2008, j’ai évoqué la genèse du Monument à Adolphe Thiers, réalisé par le sculpteur Auguste Clesinger (1814-1883), que la ville de Marseille, passée à gauche, ne voulu jamais ériger. Aujourd’hui, je reviens sur le devenir de cette sculpture après 1881 :
Le plâtre original et le marbre de 2,70 m de haut demeurent la possession de l’artiste jusqu’à sa mort. La statue en marbre est alors léguée à la cité phocéenne, ce que rappelle un article du Sémaphore de Marseille (5 octobre 1886) : « La statue de M. Thiers exécutée par le sculpteur Clesinger vient d’arriver à Marseille. C'est Mme Courrière, l’exécutrice testamentaire de Clesinger, qui, conformément aux dernières volontés du sculpteur, vient en faire remise à la municipalité. On sait quels débats passionnés a donné lieu le choix de l’emplacement réservé à la statue. On avait primitivement fixé la place de la Bourse ; puis le conseil municipal agissant sous l’inspiration d'un comité électoral avait décidé de refuser tout emplacement. Après la mort de Clesinger, Mme Courrière est venue à Marseille pour s’entendre avec la municipalité. Nous avons fait connaître à l’époque la décision prise. La statue de M. Thiers sera placée au musée de Longchamp dans la salle réservée à la sculpture. La statue a sur socle une hauteur de deux mètres. » Aujourd’hui, la statue se trouve dans la cour de l’école nationale supérieure des arts et métiers d’Aix-en-Provence. Elle y a été érigée vers 1936 ; l’inscription du piédestal en révèle la raison : Adolphe Thiers 1707-1877 / Député d’Aix-en-Provence / fit voter la loi du 13 juin 1843 / créant dans cette ville une école nationale des arts et métiers. Reste à comprendre comment la sculpture a quitté le musée des Beaux-Arts de Marseille pour Aix-en-Provence !

Auguste Clésinger, Adolphe Thiers, statue, marbre, 1879
École nationale des arts et métiers, Aix-en-Provence

PS : Mme Courrière a donné le plâtre original de cette statue au musée des Beaux-Arts de Lille en 1891.

samedi 10 septembre 2011

Jeanne d’Arc (Élie-Jean Vézien sculpteur)

Le samedi 7 mai 1932, l'hebdomadaire L’Éveil provençal – journal d’action catholique, économique et sociale – annonce en grande pompe, à l’occasion de la fête de sainte Jeanne d’Arc qui se tient le lendemain, l’érection prochaine sur le parvis de Notre-Dame-de-la-Garde d’une statue équestre monumentale représentant l’héroïne française, canonisée en 1920. L’auteur du projet, le sculpteur marseillais Élie-Jean Vézien (1890-1982), prévoit une œuvre d’une hauteur de 7,50 m ; le journal en présente la maquette haute d’un mètre. L’ampleur et le coût du monument, prévu en bronze, sont sans doute à l’origine même de son échec. De fait, il faut attendre une dizaine d’années avant qu’un autre Monument à Jeanne d’Arc ne surgisse, plus modeste : il s’érige sur le parvis de l’église des Réformés grâce au ciseau de Louis Botinelly (1883-1962 ; cf. notice du 29 mars 2011).

Élie-Jean Vézien, Jeanne d’Arc, maquette plâtre, 1932

Photographie, collection personnelle

Une de L’Éveil provençal du 7 mai 1932