mercredi 27 mars 2013

Docteur François médecin des Hôpitaux (Louis Botinelly sculpteur)

Le 7 mars 2013, j’ai acquis sur Ebay (pour 71 euros !) un très beau médaillon de bronze, fondu par F. Barbedienne, signé de Louis Botinelly (1883-1962) et daté de 1935. L’œuvre, titrée Docteur François médecin des Hôpitaux, a un diamètre de 27 cm et repose sur un encadrement de bois (41,5 x 41 cm).

 
 
Louis Botinelly, Docteur François médecin des Hôpitaux, bronze, 1935

Ce médaillon n’est pas répertorié dans mon catalogue raisonné consacré au sculpteur ; c’est une des raisons de mon achat. Je me suis alors lancé dans une enquête pour identifier le personnage portraituré. J’ai supposé que ledit médecin des hôpitaux travaillait à Marseille car Botinelly est essentiellement actif dans la cité phocéenne en 1935. J’ai donc sollicité l’aide du professeur Yves Baille de l’Association des amis du patrimoine médical de Marseille qui a effectué des recherches et identifié mon docteur.
Il s’agit de Jean-Jules François (1871-1963), externe des hôpitaux de Marseille en 1892, interne en 1894, médecin des hôpitaux au concours de 1901, chef de service de médecine à la Conception de 1919 à 1934, président de la Commission médicale consultative 1932, médecin consultant 1935. De fait, je pense que le médaillon a été commandé au moment où le docteur François a quitté son poste de chef de service de la Conception. Peut-être est-ce un cadeau de ses collègues, chose courante à l’époque.

lundi 25 mars 2013

Colloque

Je participe le mardi 2 avril prochain à un mini colloque, organisé par Le Passage de l’Art, à l’Alcazar, de 9h à 12h. Le thème de cette manifestation est le suivant : « La statue contemporaine de la forme redressée à l’installation. Quelles statues pour le XXIe siècle ? »
J’interviens en tant qu’historien de l’art, non pas pour parler du XXIe siècle mais pour faire un rappel historique. Mon intervention s’intitule : « Colonnes et obélisques. De la verticalité des monuments marseillais (1775-1911) »

Courant avril, je vous livrerai le texte et les images de mon intervention.

mercredi 6 mars 2013

L’Assurance Vieillesse (Carlo Sarrabezolles sculpteur)

Presque vingt ans après la construction de l’église Saint-Louis de Marseille, l’architecte Jean-Louis Sourdeau (1889-1976) construit l’immeuble administratif de la Caisse régionale de l’Assurance Vieillesse des travailleurs salariés du Sud-Est, rue George. Il confie une nouvelle fois le décor de son bâtiment Carlo Sarrabezolles (1888-1971).


Jean-Louis Sourdeau, Caisse régionale d’Assurance Vieillesse, 1953-1954
Rue Georges, 5e arrondissement

Le 24 avril 1953, Sourdeau écrit au sculpteur : « Je t’envoie deux façades sur lesquelles je voudrais qu’il soit fait deux éléments sculpturaux, ayant un rapport, même de très loin, avec l’assurance vieillesse. / Je ne tiens pas du tout à un figuratif littéraire et préfèrerais quelque chose qui ne soit pas grandiloquent. / Il s’agit de deux bas-reliefs de 3 mètres de hauteur sur 2 mètres de large […] / On te fournirait le béton coffré et il faudrait que tu puisses me donner un prix pour la sculpture des deux bas-reliefs sur place. On s’arrangerait à te loger et à te nourrir dans des conditions humaines. / […] Ces deux bas-reliefs devraient ne pas dépasser en paiement direct à toi que [sic] 750000 frs. » (archives de la famille Sarrabezolles)
Finalement, il est décidé de réaliser qu’un seul relief sur la façade ouest moyennant 450000 frs. Aux mois d’octobre et novembre 1954, Sarrabezolles produits plusieurs projets iconographiques qui aboutissent à l’œuvre sculptée. Deux travailleurs – homme et femme – entourés des emblèmes du Travail supportent, tels des cariatides, les symboles d’une vieillesse heureuse : une maison baignée d’un soleil radieux. L’œuvre est achevée en 1954.

Carlo Sarrabezolles, L’Assurance Vieillesse, béton, 1954
Rue Georges, 5e arrondissement