dimanche 29 septembre 2013

Nina (Patrick Chaland sculpteur)

J’ai rencontré Patrick Chaland pour la première fois en 2005. Il était chirurgien et venait d’acheter la maison de Louis Botinelly.
Depuis, une mauvaise chute lui interdit la pratique de son art ; il se tourne alors vers un autre art, la sculpture. Talentueux, il devient sculpteur professionnel en quelques années seulement : il est inscrit à l’URSSAF en qualité de sculpteur depuis janvier 2011.
Cette année, Patrick Chaland a sans doute franchi un nouveau cap : celui de son premier monument public. Au printemps 2013, il expose dans le cadre de « L’art dans le parc » à la Villa Bagatelle (la mairie des 6e et 8e arrondissements). Son Cerbère – un bouledogue à deux têtes – connaît un succès immédiat : les enfants adorent lui grimper dessus tandis que leurs parents immortalisent l’instant, en faisant l’œuvre la plus photographiée de l’exposition.
 

Patrick Chaland, Cerbère, statue
Villa Bagatelle, 8e arrondissement, mai 2013

Dans le même temps, Patrick Chaland s’attèle à un second bouledogue – prénommé Nina – beaucoup plus monumental (deux mètres de haut). Le charmant toutou, fondu l’hiver dernier en aluminium poli par la fonderie grecque Gavala, est installé en avril 2013 devant la clinique vétérinaire Massilia, au 121 avenue de Saint-Julien. Nina accueille désormais les animaux malades tout en regardant placidement passer les voitures.


Patrick Chaland, Nina, statue en aluminium poli
(ensemble et signature du fondeur / monogramme de l’artiste)
Clinique vétérinaire Massilia, 121 av. de Saint-Julien, 12e arrondissement

PS. Blog de Patrick Chaland : sculptchaland.canalblog.com

samedi 21 septembre 2013

Projet d’arc de triomphe pour le plateau Longchamp (Jean Danjoy architecte)

Marseille souhaite célébrer l’arrivée des eaux de la Durance au plateau Longchamp par un édifice remarquable. Toutefois, lors de la pose de la première pierre, le 16 novembre 1839, il n’y a encore ni architecte ni budget. Lorsque le projet est sérieusement repris, à partir de 1854, la Ville se tourne vers les milieux parisiens. Franz Mayor de Montricher (1810-1858), l’ingénieur du Canal de Marseille, est chargé de recruter un architecte et de recueillir tous les avis autorisés. Il choisit Jean Danjoy (1806-1862), architecte diocésain de Coutances et de Bordeaux et futur architecte du château Pastré à Marseille.
Entre 1854 et 1855, Danjoy réalise plusieurs projets d’arc de triomphe. Il imagine d’abord un arc de triomphe à trois baies couronné par une allégorie de Marseille avec bassins en cascade et jets d’eau. Puis, il s’oriente dans une autre direction : sous un arc en fer à cheval, cinq allégories trône sur une barque tirée par des chevaux marins ; deux figures assises flanquent les piédroits ; la clé de l’arc est le masque de l’allégorie de Marseille ; le couronnement montre une guirlande et une coquille saint-jaques faite d’épis de blé ainsi que des oiseaux. Le projet définitif, présenté au Conseil municipal à l’été 1855, découle du projet n°2 et est conservé aux Archives municipales (78 Fi 263).
 

Jean Danjoy, Projet n°1 d’arc de triomphe pour le plateau Longchamp
Dessin à la gouache et à l’aquarelle, 53 x 81 cm, 1854-1855
Collection personnelle

 Jean Danjoy, Projet n°2 d’arc de triomphe pour le plateau Longchamp
Dessin à la gouache et à l’aquarelle, 53 x 81 cm, 1855
Collection personnelle
  

Jean Danjoy & Nicolle, Projet d’arc de triomphe pour le plateau Longchamp
Dessin à la gouache et à l’aquarelle, 53 x 81 cm, 1855
Archives municipales de Marseille, 78 Fi 263
 
À partir de 1856, la Ville demande également à Danjoy un projet de cascade qui aurait dû se trouver à l’emplacement actuel du palais Longchamp. Cependant, la cité phocéenne ne peut passer à la réalisation, trop coûteuse en raison du creusement des pentes et des modifications de l’urbanisme qu’elle entraîne. Les deux projets sont donc ajournés sine die et une indemnité de 4000 francs est allouée à l’architecte en juillet 1857.