dimanche 16 février 2014

Fontaine de Villeneuve (Pierre Cantini sculpteur)

Au début des années 1830, la démolition d’un pâté de maisons proche de l’hôtel de ville permet la création d’une place nouvelle qui reçoit le nom du préfet Christophe de Villeneuve-Bargemon (1771-1829), mort en exercice. En 1833, on y érige une fontaine à sa mémoire. Dessinée par Michel-Robert Penchaud (1772-1833), elle est ornée d’un cippe portant le buste du préfet à l’antique, souligné d’une guirlande de fleurs. Le portrait est l’œuvre de Pierre Cantini (1808-1850), fils de maçon italien immigré. Mort jeune, le sculpteur est aujourd’hui bien moins connu que son frère cadet, Jules Cantini (1826-1916), qui se forme dans son atelier avant de lui succéder et de transformer l’entreprise familiale en la plus grande marbrerie de Marseille.

Marseille, place et statue de Villeneuve, carte postale, vers 1906-1910
Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 6 Fi 10846

Asséchée depuis longtemps, la fontaine est démontée à la fin du XXe siècle. Il est dommage qu’elle n’ait pas été réintégrée lors du réaménagement de l’espace Villeneuve-Bargemon. Remisée dans quelque entrepôt de la Ville, elle n’est donc plus visible aujourd’hui.

samedi 1 février 2014

La fontaine d’Homère (Étienne Dantoine sculpteur)

Demain, 2 février, l’hôtel des ventes d’Albi vendra une aquarelle du peintre Émile Henry (1853-1920) représentant La Place d’Aubagne à la fin du XIXe siècle. C’est l’occasion de revenir sur l’histoire de la fontaine d’Homère qui, longtemps, a animé cette placette. C’est l’occasion aussi de présenter en avant-première un extrait de mon prochain livre – Fontaines de Marseille. Guide historique, éditions Gaussen, parution en mars 2014 – co-écrit avec Élisabeth Mognetti, Frédérique Bertrand et Éléonore Marantz.

Émile Henry, La Place d’Aubagne, aquarelle, fin XIXe
Vendue à l’hôtel des ventes d’Albi le 2 février 2014

A. Karl, Marseille, La fontaine d’Homère, gravure, fin XIXe
Musée d’Histoire de Marseille, MHM 81_2_14

Fontaine d’Homère

1803
Dédiée par « les descendants des Phocéens à Homère » selon la volonté du préfet Delacroix, cette fontaine vient s’ajouter en 1803 à l’angle des rues d’Aubagne et Moustier à un lavoir préexistant. Sa colonne, provenant de Saint-Victor, est surmontée d’un chapiteau ionique et d’un buste en hermès d’Homère que Delacroix voulait « d’après l’antique », œuvre d’Étienne Dantoine (1737-1809). L’inscription au revers du piédestal, à la gloire des consuls et du préfet, a été retirée en 1814.
Il s’agit de l’une des rares fontaines du Consulat qui se trouve à sa place originelle. Toutefois, le lavoir provoque des nuisances. Le 18 juin 1858, un riverain écrit au maire pour se plaindre :« […] cette petite place ornée du buste d’Homère, ombragée par un beau platane, serait charmante sans ce réservoir source de propos sales et dégouttants quotidiens lorsqu’ils ne sont pas suivis de disputes entre les mégères qui fréquentent ce lavoir. » Peu à peu, la fontaine s’assèche : elle perd d’abord son lavoir en 1898, puis son bassin rond en 1920.
Située dans un quartier populaire, elle a inspiré un roman à Albert Perrin : La Fontaine d’Homère (1944).


 
Étienne Dantoine,Homère, 1803 (colonne & buste)
Angle des rues d’Aubagne et Moustier, 1er arrondissement