vendredi 31 octobre 2014

Le Commerce et l’Industrie (sculpteur inconnu)

Au XIXe siècle, plusieurs sièges de banque se sont installés autour de la Préfecture : la Société Marseillaise de Crédit (rue Paradis), la Banque de France et la Caisse d’Épargne (place Paradis, aujourd’hui Estrangin-Pastré). Un autre établissement – la Banque d’Italie – s’est établi au 75 de la rue Saint-Ferréol ; le bâtiment abritait jusqu’à très récemment le Virgin Megastore. À ma connaissance, il n’existe pas d’archives publiques permettant de retracer sa construction. Son architecte et le sculpteur qui a décoré sa façade sont donc pour l’instant anonymes.

Le Commerce et l’Industrie, bas-reliefs en marbre
75 rue Saint-Ferréol, 6e arrondissement

L’élégante entrée se fait par une serlienne, c’est-à-dire par une triple baie avec au centre un arc en plein cintre et sur les côtés des linteaux. Cette composition, citée pour la première fois par l’architecte italien Sebastiano Serlio (1475-1554), d’où son nom – dérive des antiques arcs de triomphe romains. Le décor sculpté se développe sur la clé de l’arc (tête de Mercure, dieu du commerce) et sur les écoinçons (allégories du Commerce et de l’Industrie).
La figure symbolisant le Commerce tient d’une part un caducée – attribut de Mercure – et une corne d’abondance. L’Industrie pose, quant à elle, un marteau sur l’enclume tandis qu’en arrière-plan apparaissent une roue crantée – attribut traditionnelle de cette allégorie – et des cheminées fumantes d’usines. La Banque d’Italie se présentait donc comme l’établissement bancaire des négociants et des industriels phocéens.

jeudi 23 octobre 2014

À la mémoire des évacués du Vieux-Port (Marius Muraour sculpteur)

Voici encore un sculpteur dont j’ignore quasiment tout : Marius Muraour. Je sais seulement qu’il est actif à Marseille dans les années 1960 et que l’on peut trouver quelques-unes de ses œuvres au cimetière Saint-Pierre. En 1962, à la demande du Groupement des évacués du Vieux-Port, il réalise un bas-relief commémorant un tragique épisode marseillais de la 2nde Guerre Mondiale…

Marius Muraour, À la mémoire de nos disparus, internés, /
déportés, morts dans les camps nazis, /
victimes de la tragique évacuation /
du quartier du Vieux-Port (23 janvier 1943)
Bas-relief, pierre, 1962
35 Grand Rue, 2e arrondissement

Les Nazis, qui occupent Marseille à partir du 11 novembre 1942, savent que d’importantes manifestations de la Résistance s’y sont déroulées le 14 juillet précédent. Un attentat commis le 3 janvier 1943 leur sert alors de prétexte : Hitler ordonne la destruction des quartiers nord du Vieux-Port et la déportation de ses habitants. Les autorités françaises plaident pour une réduction du périmètre condamné et la sauvegarde de quelques monuments (hôtel de ville, maison diamantée, hôtel de Cabre).
Dans la nuit du 23 janvier 1943, la police française encadrée par la Wehrmacht lourdement armée pénètre dans le quartier et visite chaque habitation ; dès le 24 janvier au matin, un train quitte la gare d’Arenc avec 1600 personnes dont la moitié de Juifs et, en parallèle, débute l’évacuation totale de la zone devant être rasée. Les dynamitages commencent le 1er février. C’est ce drame que commémore cette plaque au cœur même des quartiers détruits.

jeudi 9 octobre 2014

Décor animalier du sculpteur Arnaud

Par manque de temps, je me contente de poster aujourd’hui un amusant décor animalier composé de quatre bas-reliefs. Je ne sais rien de son auteur – un dénommé Arnaud – et suis preneur de toute information à son sujet. Les sculptures surplombent les entrées d’une barre d’immeuble des années 1950-1960 sise sur la Grand Rue : un ours polaire (n°29), un ongulé – peut-être une biche (n°31), un aigle (n°33) et deux oies (n°35)… iconographie pour le moins incongrue à Marseille !

Ours polaire, bas-relief, béton ?
29 Grand Rue, 2e arrondissement

Ongulé, bas-relief, béton ?
31 Grand Rue, 2e arrondissement

Aigle, bas-relief, béton ?
33 Grand Rue, 2e arrondissement 

Oies, bas-relief, béton ?
35 Grand Rue, 2e arrondissement