vendredi 24 avril 2015

Auguste Cornu

Voilà longtemps que je n’avais donné la biographie d’un sculpteur, tirée de mon Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence Alpes Côte d’Azur. Je présente donc aujourd’hui celle d’Auguste Cornu, un artiste parisien actif à Marseille dans l’Entre-deux-guerres.

Auguste Cornu, Jeanne d’Arc, statue, marbre, 1924
Église Saint-Joseph, rue Paradis, 6e arrondissement

Cornu Auguste Paul Gustave (Paris, 10 octobre 1876 – ?, 1949), sculpteur
Élève de Falguière à l’École des Beaux-Arts de Paris et de Rodin, il expose au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1905 à 1925. Au début des années 1920, il s’installe à Cassis et participe à la vie artistique locale : il figure au Salon des Artistes Provençaux de 1924 à 1933, expose à la galerie Detaille en 1924. Il travaille le marbre (Régine, buste, 1932) et le bronze (Pierre Silvestre, buste, 1929) mais montre une prédilection pour le bois : Le Froid (bois patiné, 1921), Un paysan provençal (chêne, 1924), Tête casquée (poirier, 1924), La Petite Suzette (acajou, 1924), Rêverie (bois, 1930), Le Christ (tête en chêne, 1932)… Il réalise même un grand Crucifix en bois (1927) pour l’église parisienne Saint-Léon. Au demeurant, on lui doit le Monument aux morts de Grosrouvre, près de Rambouillet (Yvelines), une Sainte Jeanne d’Arc pour l’église marseillaise Saint-Joseph (marbre, 1924), un Monument à Calendal pour Cassis (bronze, 1930, fondu pendant la seconde Guerre mondiale) et Justicia pour l’annexe du Palais de Justice de Marseille (médaillon octogonal, bois, 1933). Les musées du Petit Palais à Paris, de Dijon et de Brooklyn (États-Unis) conservent quelques-unes de ses œuvres.

mardi 7 avril 2015

Monument à la gloire du XVe corps d’armée (Louis Botinelly sculpteur)

Je profite de ma chronique du jour pour rappeler qu’il vous reste un peu plus d’un mois pour voir et revoir l’exposition des Archives municipales : Marseillais fais ton devoir ! Pour l’occasion, j’ai décidé de me pencher sur un monument commémoratif méconnu, celui à la gloire du XVe corps d’armée, en proposant le texte que je lui ai consacré dans l’ouvrage 14-18. Marseille dans la Grande Guerre (p.126).

Deux monuments aux morts marseillais célèbrent les soldats non par leur appartenance à un quartier ou à un groupe social, mais par leur appartenance à une unité militaire : le Monument aux héros de l’armée d’Orient et des terres lointaines d’une part, le Monument à la gloire du XVe corps d’armée d’une autre. Pourtant, malgré ce point commun, tout les oppose… notamment la difficulté d’érection du second ! En effet, sitôt après la guerre, la polémique sur la lâcheté réelle ou supposée des Provençaux composant le XVe corps d’armée en août 1914 divise toujours l’opinion, rendant impossible leur commémoration. Il faut attendre 1933 pour que Castel – lui-même gueule cassée – brise le tabou en l’évoquant dans un projet sans suite en collaboration avec Sartorio et Botinelly.

Gaston Castel, projet du Glorieux Monument de la Paix
Encre et crayon sur papier, 1933
Musée d’Histoire de Marseille (inv. 89.3.160)

Toutefois, un Comité du XVe corps d’armée se crée peu après, en 1935. Une souscription est ouverte et un concours lancé le 14 décembre 1938. Le 11 juillet 1939, le sculpteur Louis Botinelly et l’architecte A. Lange se voient décerner le 1er prix, lequel est aussitôt contesté par les autres concurrents pour cause d’irrégularités.

Paul Gondard, Monument à la gloire du XVe corps d’armée
Dessin et maquette photographiés, 1939 
(datés de 1940 de façon erronée)
Archives municipales de Marseille, 95 ii 5

Louis Botinelly, Monument à la gloire du XVe corps d’armée
Dessin photographié, 1939
Collection Ève Botinelly

Louis Botinelly, Monument à la gloire du XVe corps d’armée
Maquette en terre cuite, 1939
Musée d’histoire de Marseille

La guerre survient une nouvelle fois, reportant sine die l’érection du projet primé. Botinelly se bat pourtant pour son exécution : maigre consolation, il réalise finalement une modeste stèle à la gloire du XVe corps, installée dans la cour de la caserne du Muy le 15 décembre 1957, loin des yeux du grand public. Ce monument se trouve depuis l’été 2014 dans la cour de la caserne Audéoud.

Louis Botinelly, Monument à la gloire du XVe corps d’armée
Photographie de la maquette en plâtre, 1957
Collection Ève Botinelly

Louis Botinelly, Monument à la gloire du XVe corps d’armée
Bas-relief en pierre, 1957
Présentation ancienne à la caserne du Muy (4e arr.)

Louis Botinelly, Monument à la gloire du XVe corps d’armée
Bas-relief en pierre, 1957
Présentation actuelle à la caserne Audéoud (7e arr.)