mercredi 30 septembre 2015

Groupes Louis XIV (Charles Delanglade sculpteur)

En 1911, le banquier marseillais Joseph Bonnasse (1877-1936) restructure le parc de sa bastide de sa bastide du Cabot, le château de La Rouvière. Outre la plantation de conifères et le réaménagement des parterres à la françaises, il commande à son beau-frère par alliance, le sculpteur Charles Delanglade (1870-1952), un ensemble de trois groupes dans le goût du XVIIe siècle pour décorer le grand bassin.
Il s’agit-là de la commande monumentale la plus importante de l’artiste. Il commence par le motif central composé d’une jeune femme jouant avec trois enfants. L’œuvre mesure 3,5 m de long sur 1,30 m de profondeur ; quant à la hauteur, elle avoisine les 1,5 m. Le modèle en plâtre est confié à la Société du Val d’Osne pour y être fondu en bronze, au début de l’année 1912, moyennant 6060 francs.

Charles Delanglade, Groupe Louis XIV – Femme et enfants
Modèle plâtre, archives de la Société du Val d’Osne

Charles Delanglade, Groupe Louis XIV – Femme et enfants
Bronze, 83 boulevard du Redon, 9e arrondissement

Les deux groupes complémentaires, de moindre ampleur, sont modelés en 1913. Il figure chacun un enfant et un dauphin. Un premier putto chevauche son poisson, représentation traditionnelle du dauphin dans l’iconographie classique ; le second l’étreint de son bras droit. Les deux groupes mesurent 1,55 m de long pour 0,90 m de hauteur. La Société du Val d’Osne les fond en bronze en janvier 1914 pour 1800 francs.

Charles Delanglade, Groupe Louis XIV – Enfants et dauphins
Modèles plâtre, archives de la Société du Val d’Osne

Charles Delanglade, Groupe Louis XIV – Enfant et dauphin n°1
Bronze, 83 boulevard du Redon, 9e arrondissement

Charles Delanglade, Groupe Louis XIV – Enfant et dauphin n°2
Bronze, 83 boulevard du Redon, 9e arrondissement

Aujourd’hui, le château de La Rouvière a disparu et cédé la place à des barres d’immeubles. Seuls le bassin et ses sculptures gardent encore le souvenir de cette bastide. On sent que ce patrimoine est considéré, mais sa mise en valeur laisse malheureusement à désirer : les spots posés directement sur les bronzes et les tuyaux d’arrosage les transformant en fontaine ne sont pas du meilleur goût et bien trop visibles ! 

jeudi 24 septembre 2015

François Bouché. Courbes & Espaces

Les musées, en général, consacrent peu d’expositions monographiques à des sculpteurs. À Marseille, si je ne me trompe pas, la dernière datait de 1994 pour le tricentenaire de la mort de Pierre Puget (1620-1694). C’est donc un événement que l’exposition François Bouché. Courbes & Espaces organisée au musée Regards de Provence de septembre 2015 à mars 2016. Elle marque le dixième anniversaire de la disparition de l’artiste (1924-2005).
Cette exposition n’aborde pas les œuvres publiques du sculpteur mais propose un ensemble de petites sculptures en bronze, intimes, appartenant pour la plupart à ses héritiers. Pourtant, ce ne sont pas ces bronzes qui m’ont le plus touché : on y sent parfois trop l’influence des maîtres qui l’inspiraient tels Brancusi, Laurens, Giacometti ou Moore. À mon goût, il y a surtout quelques marbres sensuels (dont l’un m’évoque Picasso), quelques grands bronzes émouvants et quelques dessins monumentaux d’une grande force. Quoi qu’il en soit, c’est une exposition à ne pas manquer !

François Bouché, Le Lait, marbre

François Bouché, Femme à la Fenêtre, marbre

François Bouché, Le Silence, dessin

François Bouché, Le Silence, bronze