vendredi 25 novembre 2016

Dénouement inattendu du monument à Gyptis et Protis

C’est au tribunal que s’est terminée l’histoire du Monument à Gyptis et Protis, ce que révèle La Marseillaise du 23 décembre 1970. Il s’agit en effet de déterminer s’il y a eu tromperie !

La Marseillaise, 23 décembre 1970

Paul Goyet, président du comité dudit monument, prend contact au début des années 1960 avec le sculpteur et peintre Jean-Charles Lallement (Paris, 1914 – Le Grau-du-Roi ?, 1970), surnommé Bacchus. Cet artiste installé au Grau-du-Roi, lauréat en 1942 du Grand  Prix de Rome de gravure en médailles, prétend alors côtoyer les géants de son temps tels Le Corbusier (1887-1965) ou Picasso (1881-1973). Or Goyet souhaite justement qu’il serve d’intermédiaire auprès du peintre catalan.
Lallement et Picasso se rencontrent en 1964, parlent de leurs travaux. Abordant au passage le Monument à Gyptis et Protis, Picasso griffonne une idée sur un bout de papier que Lallement ramène comme un trophée. Il s’autoproclame aussitôt exécuteur de la pensée du maître et le comité croit dès lors avoir engagé les services de Picasso.
Lorsque la maquette réalisée par Lallement est présentée au palais du Pharo comme étant une œuvre de Picasso, le bruit remonte jusqu’aux oreilles de celui-ci qui aussitôt dément. Le comité licencie brutalement le sculpteur parisien qui, immédiatement, riposte par une demande de dommages et intérêts à titre de préjudice.
Au final, aucun monument n’est à ce jour érigé à la gloire des fondateurs mythiques de Marseille !

mercredi 2 novembre 2016

Projet de monument à Gyptis et Protis (Pablo Picasso sculpteur)

Dès l’Entre-deux-guerres, l’idée d’un monument à Gyptis et Protis – les héros mythique de la fondation de Marseille – trottent dans les esprits. Elle se renforce après-guerre, trouvant alors écho dans la reconstruction de la cité phocéenne. Ainsi, le sculpteur Louis Botinelly (1883-1962) travaille-t-il à un tel projet au moment de sa mort. Finalement, le comité commanditaire désigne une célébrité – Pablo Picasso (1881-1873) – pour réaliser le monument. Le 16 novembre 1964, la maquette de Picasso est présentée à la presse dans le palais du Pharo : sur un socle monumental constitué de marbre pentélique s’élèvera un navire hellène, symbole des origines grecques de la ville et de commerce. Le monument doit être implanté à l’emplacement d’un des piliers de l’ancien pont transbordeur, dynamité par les Allemands le 22 août 1944

La Marseillaise, 17 novembre 1964

Il semble toutefois que Picasso se désintéresse très rapidement du projet : son nom n’est déjà plus cité dans l’article de La Marseillaise du 11 juin 1965 et les archives du Musée Picasso de Paris ne conservent aucune trace du projet. Il est probable également que le comité n’ait pas réuni les fonds nécessaires à l’érection dudit monument.

La Marseillaise, 11 juin 1965

En définitive, aucun monument à Gyptis et Protis n’est érigé à Marseille qui perd ici l’occasion de posséder une œuvre monumentale de Picasso.